Découvrir Tel-Aviv; Obama et Benny Levy ; Noé politique; Alya vécue
1) - Habemus Grand Rabbin de France. Le Grand Rabbin de France va être nommé pour 7 ans, événement important pour la vie juive. Nous respectons et aimons le Rav Sitruk qui a tant fait pour le judaïsme de France, tout comme nous estimons le dynamisme et le sionisme et religieux du Grand Rabbin Bernheim. Que la communauté soit UNIE derrière son Grand Rabbin;
2) Avez-vous besoin d’un bon roman ? Bons extraits sur http://blog.france2.fr/DEMAIN1/ .
On ne peut que vous conseiller l’excellent «Demain ?» de notre ami Marc Lev, éditions Paulo Ramand.
3) « N’oubliez pas que cela fut ». Documentaire de notre ami Stéphan Moszkowicz (60’)
Des lycéens effectuent leur premier voyage en Pologne, encadrés par 4 spécialistes de
4) Région Marseille « Regards sur le cinéma israélien » 18 - 24 juin, Cinéma "Les variétés".
04 91 37 40 57 ou www.judaicine.fr Cinéma Variétés : 04 91 53 27 82. A ne pas rater !
18 juin 2008 - YEROUCHALMI ® N°53 -15 Sivan 5768
Courrier yerouchalmi@club.fr Site Internet en travaux
AU SOMMAIRE DU YEROUCHALMI ® N°53
Edito : Jérusalem capitale indivisible
1. Noé et ses fils : programmes philosophiques et politiques
Les exégètes juifs indiquent à travers le devenir des fils de Noé un certain programme philosophique pour l’humanité et révèlent des mythes bien différents que ceux indiqués par Freud en son époque. Ils donnent aussi une compréhension des enjeux politiques en Israël sur la longue durée.
2. Tel Aviv entre Histoire et Tourisme 
En 1906, 60 habitants fondent
3. Benny Levy (zl), du Maoïsme au cœur du Talmud
Dès 1973,
4. Obama et Israël, vu par Kaspi, Gurfinkiel et Pipes
Les positions d’Obama sur Israël sont décryptées par Yerouchalmi. Suite à la synthèse du N°52, 3 spécialistes répondent à vos questions, André Kaspi, Michel Gurfinkiel, Daniel Pipes.A lire …
5. L’Alya : vos témoignages vécus
Adapté par yerouchalmi@club.fr de Actualités Infos.
« Nous avons voulu rendre plus accessible, des témoignages de personnes ayant fait leur Alya.
C'est ainsi que nous avons envoyé des « Messagers » au sein même de leurs communautés d’origine», déclare notre ami Avi Zana, directeur d'AMI (Alya et Meilleure Intégration, fondée par P. Besnainou.
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(R)appel du 18 Juin (2008…) : Numéro 53. Plus d’un an de parution et quel développement réussi !
Yerouchalmi, avec ses 5700 inscrits, fait partie du paysage Internet concerné par Israël et la tradition.
A votre service, lecteurs intéressés par l’amour d’Israël ainsi que par les valeurs du judaïsme, car c’est vous qui assurez le succès de Yerouchalmi en l’encourageant, en le lisant et en envoyant régulièrement conseils et contributions. Continuons ce chemin tous ensemble et avec l’aide de D. ieu.
Le Directeur, Félix Perez. yerouchalmi@club.fr
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EDITO


- Jérusalem capitale du peuple juif... dans un premier temps
Adapté par Yerouchalmi de Maître Bertrand Ramas-Muhlbach | israelinfos.net
Notre ami Zevouloun Orlev du Mafdal (dont Yerouchalmi est souvent très proche), a réussi à faire voter par
Le Meretz est outré (!) car « Jérusalem a vocation à devenir la capitale de l’Etat palestinien » et Abbas a rejeté les propos d’Obama pour qui « Jérusalem doit rester la capitale unifiée d’Israël ». Positions qui témoignent d’une méconnaissance de l’histoire : Jérusalem a été conquise en 67 à
Un moyen de détruire l’Etat juif suppose au préalable la rétrocession de terres aux palestiniens, qui prouverait alors l’illégitimité de la création d’Israël : les palestiniens soutiennent qu’ils ont été dépossédés de leurs terres, ce qui leur permet de se considérer comme des résistants et de bénéficier d’une légitimité (artificielle) pour combattre les juifs installés en Palestine.
Gageons que les autorités israéliennes évitent de tomber dans ce piège et acceptent plutôt de restituer la terre d’Israël au peuple juif. Ainsi, après avoir fait de Jérusalem la capitale du peuple juif, il sera possible de faire de la terre d’Israël le patrimoine éternel et inaliénable du peuple juif.
Dans ce cas, aucune décision politique ne pourra en modifier l’assiette territoriale sans au préalable recueillir l’assentiment du peuple juif dans son entier.
Si l’on réservait la ‘citoyenneté’ israélienne aux habitants d’Israël et la ‘nationalité’ aux seuls membres de la nation juive qui le souhaitent, y compris en diaspora, chaque juif qui le désire se verrait accorder de facto le bénéfice d’une part de la terre d’Israël : les décisions concernant la terre d’Israël seraient alors de la compétence exclusive des membres du peuple juif.
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1. Noé et ses fils : dimensions philosophiques et politiques
Noé a trois fils : Chem, ‘Ham et Yefet (le Nom, le Chaud et le Beau).
1) Chem-Le Nom d’où provient le mot Sémite attache de l’importance au Nom de D. ieu.
2) Yefet-Le Beau.
« Que D. ieu agrandisse Yefet… » : que la descendance de Yefet soit innombrable, que sa grandeur se manifeste par l’héritage intellectuel et esthétique qu’il léguera à l’humanité.
" … Qu’il réside dans les tentes de Chem" pose une question difficile : On vient de prédire à Yefet un destin politique qui dépassera celui de ses frères. Qu’aura-t-il alors à chercher sous les tentes de Chem ? Si les deux frères se rencontrent sous la tente, ils vont forcément se livrer à un certain échange. D’une part, Yéfét, par l’intermédiaire de son fils Yavan (Grèce), enseignera à Chém les sciences profanes, la philosophie... D’autre part, Chém, dans sa tente (parce que c’est là que réside la présence divine), doit enseigner à Yéfét la spiritualité et une certaine connaissance de Dieu. Yéfét, ancêtre du Monde Occidental, aura tout intérêt à s’enrichir grâce à la connaissance que Chém lui aura transmis. Ce privilège a été donné à Chém et à nul autre. Ca a donné notamment le Christianisme. L’échange a t-il été fructueux? C’est une affaire de point de vue.
3) ‘Ham-Le Chaud. C’est un sanguin, un impulsif qui s’est fort mal comporté avec son père Noé.
Harassé par le travail qu’il eut à fournir dans l’Arche, Noé, la pluie ayant cessé plante une vigne qui, miracle, produit immédiatement des raisins. Noé se saoule et s’écroule tout nu sous sa tente. ‘Ham, le jeune fils de Noé découvre son père dans un quasi coma éthylique, allongé nu sous sa tente. Au lieu de recouvrir respectueusement son père, disent nos Sages, il se livre à son encontre à un acte inadmissible. Deux versions sont citées dans Sanhédrin page 70: l’une déclare que ‘Ham castra son père, l’autre qu’il se livra à son égard à des actes de d’homosexualité. Certains rabbins disent même qu’il se livra aux deux ignominies.
Le rendre eunuque avait pour but de priver Noé de la possibilité d’enfanter un autre garçon. Première exemple de castration du père par son fils. Imaginons un peu la surprise qu’aurait éprouvé Freud en apprenant cette histoire, lui qui a cru que l’humanité se trouvait sous la prédilection inverse, à savoir la castration du fils par le père. Freud a hérité des mythes grecs et, malgré sa judaïcité, n’a pas consulté
La malédiction de Noé s’applique à Canaan, fils de ‘Ham et véritable instigateur des actes de son père. "Maudit soit Canaan. Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères … il sera l’esclave de Chém et de Yefet" autrement dit de ses oncles. En fait, le destin de Canaan sera d’être asservi à toute l’humanité.
a) Canaan donne naissance aux Cananéens qui sont divisés en une ribambelle de tribus : le Hiti, le Yevoussi, le Hamati…. usufruitiers selon les uns, ou occupants permanents, selon les autres, de la « Terre Sainte ». A qui Abraham achète t-il le caveau de Sarah si ce n’est au Hitti, le cananéen ? Le mot Cananéen vient du verbe LEIKANA, se soumettre. De tous temps, leur destin, vocation a été de se rendre, de se plier au bon vouloir de tous les peuples envahisseurs qui ont déferlé comme des sauterelles sur ce petit territoire : Romains, Arabes, Croisés, Turcs, Syriens, Anglais .... Ils sont semblables en de nombreux points au Fatah.
b) À l’ouest d’Israël, un peuple, Plistin, fils de l’Egyptien. Sa vocation réside dans son nom qui vient du verbe LIPHLOSH , envahir. Peuple envahisseur, querelleur, il n’a de cesse que d’envahir son voisin hébreu; ne pouvant s’en prendre à son puissant géniteur et voisin l’égyptien. Ils ressemblent ainsi en tous points au Hamas.
c) A quoi assiste t-on aujourd’hui ? A un Hamas qui a pris possession par la force de la bande de Gaza, convertissant au passage les ex-fidèles du Fatah en ses plus chauds partisans et à un Fatah cananéen qui se vend au plus offrant, dans des négociations illusoires. La seule question qui se pose est de savoir s’il sera conquis par le Plistin-Hamas envahisseur ou par quelque autre puissance ?
Il est intéressant de noter la volonté de rassemblement du Hamas qui, fidèle à sa vocation de Plistin , peuple monolithique, ne supporte pas d’être atomisé dans des multiples fractions ou factions, et la tendance naturelle du cananéen Fatah de s’éparpiller en tendances, parties, sensibilités, incapable de parler d’une seule voix, malgré les déclarations pathétiques d’Abu Mazen, à qui personne n’accorde aucun crédit, à l’exception de certains dirigeants européens qui ne comprendront jamais rien au Proche-Orient.
L’histoire se répète : le Hamas ne pouvant envahir Israël par voie terrestre, comme dans les temps bibliques, l’envahit en lui envoyant par les airs, toutes sortes de projectiles meurtriers, ce qui revient exactement au même. Le Fatah négocie ou fait semblant, attendant l’heure de se faire manger par les une ou les autres.
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2. Tel Aviv entre Histoire et Tourisme
Adapté par yerouchalmi@club.fr notamment de S. Gromann , Jerusalem Post
Les débuts.
En 1906, 60 habitants juifs fondent
Et pourtant c’est d'un terrain fait de malheureuses dunes de sables parsemées de vignes stériles qu’ils héritent d’un empire ottoman en déliquescence ! C’est sur la dune centrale de ce no man’s land que les 60 membres de
Les ambitions
A l'aide du KKL et de l’Anglo Palestine Bank, Akiva Weiss et Meir Dizengoff financent leur projet. La première vague d'immigration est une alya volontaire de sionistes cultivés, imprégnés d'idéaux socialistes et qui rêvent d'une ville exempte d'inégalités et dotée des attributs d'une métropole européenne.
Tel-Aviv sera pensée dans les styles les plus débridés, mais son cachet initial demeure le style « Bauhaus » de l'école allemande de Gropius, dont 1000 sur 4000 édifices construits entre 1931 et 1956, sont répertoriés par l'Unesco. Des demeures d'Achouzat Baït, datant de 1909, il ne reste quasiment plus rien à l'exception de l'incroyable maison Mani, encastrée dans la tour de la banque Leumi et qui accueille un musée décrivant l'histoire du peuple d'Israël dès le début du siècle dernier et l'épopée de Tel Aviv.
Les années 20
Elles voient fleurir une multitude d'édifices (dont beaucoup sont en cours de rénovation) dans un style carrément kitsch (classicisme, colonnes et arcs de motifs orientaux, art déco ou art nouveau) mais dont le charme n'est pas absent. La façade de l'immense demeure «
Le syndicat Histadrout décide d'avoir recours à l'architecte allemand Kauffmann et à l'urbaniste écossais Geddes. Geddes conçoit un plan d'extension sur le modèle anglais de la cité-jardin. Pour les architectes, il s'agit de construire des unités d'habitation de deux ou trois étages avec une nette délimitation des espaces publics et privés. L'influence de Le Corbusier, qui attache une importance toute nouvelle au fonctionnel, marque la ville qui suit ses cinq principes : construction sur pilotis, toits terrassés, plan libre, fenêtre-bandeau et façade rideaux.
Les années 30
Dès les années 30 et jusque vers la fin des années 50, Tel-Aviv, devient un terrain d'expérimentation inespéré pour les architectes Bauhaus ayant fui l'Allemagne nazie et qui pensaient influencer un nouvel ordre social : les balcons comme moyens de communication entre voisins, reliant les couches de la population entre elles et les toits plats constituant un lieu de rencontre entre les habitants d'un même immeuble. Enfin, ils avaient conçu des appartements de tailles relativement modestes afin de réduire les inégalités sociales.
Le Style international continue à inspirer les nouvelles constructions, à l'exception des tours de luxe et des gratte-ciel. Les Tel-Aviviens ont pris conscience de leur patrimoine et n'ont de cesse que de le préserver. La ville n'en finit pas de se refaire une beauté et d'avoir recours à la chirurgie reconstructrice!
De cette improbable cité levantine surgie du sable, l'urbaniste biologiste Sir Geddes a conçu un espace au design aéré qui enchante et régénère. Tel-Aviv, centenaire, a bel et bien tous les atours d'une cité-jardin.
Le judaïsme : Tel Aviv est la ville des cafés, des restaurants, des salles de sport et des discothèques qui font le plein justement les jours les plus saints du judaïsme.
Cependant, on trouve à Tel Aviv près de 500 synagogues dont 350 en service, des Yechivot, des cours du soir et des mikvés. De nombreux maîtres hassidiques célèbres ont préféré venir à Tel Aviv plutôt qu’ailleurs, à cause de la joie de vivre de ses habitants. Des grands personnages rabbiniques y vécurent comme le Rav Kook dont l’influence sur le sionisme religieux fut déterminant ou le cabaliste Rav Ravikov.
Les gratte-ciels (par ordre décroissant de hauteur)
De nombreux gratte-ciels sont en cours de construction ou devraient voir le jour, sur le boulevard de Rothschild, sur le front de mer, dans le quartier Neve Tzedek, Tzameret park, South Kirya, Ramat Gan.
Les Tours Azrieli dont la première phase de construction a été achevée avant les années 2000. La construction de la troisième tour du complexe a été terminée en 2007.
Tours existantes : 244 m Moshe Aviv ; 187 m Circ. Azrieli ; 170 m Ayalon, Sheraton - Triangular Azrieli,…
Tours en projet : 400 m Tel Aviv 2000 ; 325 m Egged Tower ; 250 m Ha’argaz Tower ; 244 m Trump Plaza et Ampa ; 225 m Gadat Ayalon ; 200 m South Kirya.
Des bâtisses récentes à style
- Asia House 4 rehov Weizmann. Ce batiment construit en 1979 abrite l'ambassade du Japon et de la Suède.
-
: The Crazy House 181 haYarkon. Œuvre de l'architecte Leon Geneva et achevée en 1989. The Crazy House évoque le style de Gaudi. D'extérieur, le style architectural est a l'opposé des autres styles de Tel Aviv. La façade est recouverte de peintures murales et d'oliviers. L'intérieur est lui aussi unique en son genre.
- Kikar Levava de Dani Karavan – Parc Edith Wolfson
Kikar Levava est une sculpture environnementale située sur une petite colline, au Parc Edith Wolfson, dont le nom signifie le Carré Blanc, allusion au surnom de Tel Aviv, "
Informations Pratiques
- Site Internet officiel de Tel-Aviv http://www.tel-aviv.gov.il/Hebrew/ Index.asp
- Centenaire début août 2008 http://digital.timeout.co.il/activemagazine/welcome/TLV_100ENG.asp
- Guides de la ville : Tel-Aviv, de Likwornik, Guysen Editions (chaudement recommandé) et
guide illustré des bâtiments Bauhaus : « Architecture de Tel-Aviv, Jérusalem et Haïfa »
- Centre Bauhaus 99 Dizengoff. Tél: 03-522 02 49. Visites guidées en français. www.bauhaus-center.com
- Panoramic Azrieli, tour ronde, 132 Begin. 036081179. Restaurant 2C au sommet ; lunch à ne pas rater !
- La maison Mani, première période de Achouzat Baït. 03514 97 33
- Néveh Tsedek, maison de Rokach, pionnier du quartier 1887. 36, Rokach. www.rokach-house.co.il
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3. Benny Levy (zl), du Maoïsme au cœur du Talmud adapté par Yerouchalmi de J. Birnbaum, Le Monde
Dès 1973,
Ils sont tous là, ou presque pour lui rendre hommage juste après son décès trop prématuré, en cette soirée de novembre 2003. La foule des grands jours inclut beaucoup d'anciens soixante-huitards, comme les philosophes Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy et François Regnault, Jean-Claude Milner ou le psychanalyste Jacques-Alain Miller, venus rendre hommage au philosophe talmudiste…
Mais, au fil des interventions, l'assistance plonge dans une atmosphère électrique et certains s'étranglent:«ils sont devenus fous» ou «c'est la deuxième autodissolution de
Après des années d'activisme et parfois de prison, le collectif s'éparpille donc et chacun essaie de retomber sur ses pieds. Selon le sociologue Jean-Marc Salmon «il y a beaucoup de comportements d'échecs, sans parler des suicides. Moi, je fume du hasch, je regarde ma vie passer».
Si quelques-uns sombrent dans la drogue, plus nombreux sont ceux qui plongent dans la métaphysique : « Notre besoin d'infini, on est allé le chercher dans d’autres textes », explique Gérard Bobillier, qui participe aux « cercles socratiques » fondés par Benny Lévy où l’on potasse Platon et Hobbes, Foucault et Sartre. Sartre, dont Benny devient le secrétaire personnel, dans une relation si intense qu'elle suscitera la jalousie de de Beauvoir.
Par le Maître, Lévy (re)devient juif ; dressant le bilan de l'espérance révolutionnaire, les deux hommes lisent les classiques de la philosophie, et aussi les grands textes juifs y compris, le très ésotérique « Sefer Yetzirah » qui interpelle Benny Levy. Conjuguant prophétisme et philosophie, c’est la pensée d'Emmanuel Levinas qui lui permet d'accomplir pour de bon sa conversion qui l'amène peu à peu à devenir pratiquant, car pour lui « on ne peut pas comprendre
Sur les camarades de
Tout en lui conservant leur amitié, d’autres tels Finkielkraut, refusent d'accompagner Lévy jusqu'au bout de sa nouvelle radicalité. Denis Clodic, ancien de Renault, et son proche ami juste après la dissolution, va plus loin : « Quand je lis les derniers textes de Benny, j'y trouve une violence monumentale, insupportable. J'ai l'impression de me couper aux pages ! ».
D'année en année, la troupe se disperse : « Il y a eu de la perte », tranche Gérard Bobillier qui, lorsqu'il parle de « Benny », a des étincelles plein les yeux. Lui aussi a pensé se convertir, avant d’y renoncer pour faire des Editions Verdier, sa maison, une nouvelle structure de discipline et de dévouement. Editeur de Benny Lévy et de Milner, il déclare «aujourd'hui, l'étincelle est dans l'étude des lettres carrées hébraïques. J'ai la certitude que si cette étincelle venait à mourir, la notion d'espoir serait barrée. Le monde n'aurait plus de raison d'être ».
NB : a) Son fils est notre ami, le jeune philosophe René Lévy qui dirige l’Institut d’Etudes Lévinassiennes et
b) Benny Levy est devenu un Maître du Talmud et a transmis son savoir dans un langage philosophique, dont quelques livres à lire absolument, tous chez Verdier : Être Juif : étude lévinassienne ; La confusion des temps ; La cérémonie de la naissance, Le Livre et les Livres : entretiens sur la laïcité (avec A. Finkielkraut).
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4a. Obama vu par … André Kaspi
Professeur émérite à
Q : Y a-t-il un vote juif aux USA?
R : Oui, mais ça n’a rien d’extraordinaire parce que les USA sont une société pluriethnique avec également un vote noir, un vote catholique, un vote hispanique… Il y a un vote juif à l’échelle nationale, et c’est encore plus vrai dans certains États où ils peuvent faire la différence entre Républicains et Démocrates-, par exemple à New York, dans l’Illinois, en Floride… Dans ces États, le vote juif peut être déterminant quand les deux candidats sont à égalité.
Q : Les juifs américains ont-ils un candidat préféré ?
R : Il y a un paradoxe. D’un côté, les Juifs américains votent à 80% pour les Démocrates. Donc, quel que soit le candidat démocrate à la présidentielle de 2008, une très grande majorité de Juifs américains lui accorderont leur appui. C’est très surprenant quand on sait que le président George Bush a été le plus proisraélien des présidents américains. Pourtant, ce dernier n’a obtenu que 23% du vote juif aux élections présidentielles de 2004. Quel que soit le candidat républicain en 2008, il est évident qu’il n’obtiendra pas beaucoup plus que George Bush. Cela dit, beaucoup de Juifs américains, notamment ceux farouchement proisraéliens, voient Obama d’un œil suspect.
Q : En quoi Obama inquiète-t-il l’électorat sioniste ?
R : Obama est un homme qu’on n’arrive pas bien à saisir. Ses origines sont nébuleuses. Avec des parents, qui sont encore Musulmans, la rumeur insinue que lui-même est un Musulman caché, même si ce n’est pas vrai. Le fait qu’il ait comme deuxième prénom Hussein, ça n’aide pas à dissiper cette rumeur tenace. Ce qui inquiète aussi les Juifs américains, c’est que certaines positions d’Obama ne sont pas très claires. Par exemple, quand il a dit qu’il est prêt à négocier avec toute personne qui souhaite lui parler, y compris le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, c’est la preuve qu’il y a une certaine confusion dans son esprit.”
Q : L’électorat juif est-il à même d’être rassuré ?
R : Ces réticences, c’est à Obama de les dissiper. Comme lorsqu’il vient de rompre sa relation étroite avec son mentor depuis 20 ans, le très controversé pasteur Wright, virulent détracteur de l’Amérique - « le 11 septembre est un juste retour du bâton. Maudite soit l’Amérique » - et partisan de l’antisémite Farrakhan.
Q : L’alliance stratégique entre Israël et les USA commence-t-elle à s’éroder ?
R : Non. Les USA ont besoin d’Israël et réciproquement dans une sorte d’alliance naturelle loin d’être circonstancielle. Il pourrait y avoir du côté américain une volonté de rétablir l’équilibre dans leurs relations avec le monde arabe, pour favoriser un règlement du conflit israélo-palestinien. Mais, je ne pense pas que cet éventuel repositionnement diplomatique affectera ces relations. Barack Obama et le candidat républicain, McCain, ont exprimé à maintes reprises au cours de cette campagne leur soutien indéfectible à l’État d’Israël. Je ne crois pas que cette question soit un enjeu important dans le débat présidentiel actuel.”
Q : La guerre en Irak est-elle le principal enjeu dans cette campagne présidentielle?
R : Non, je crains que le principal enjeu dans cette élection soit économique (la perspective d’une nouvelle récession, la baisse préoccupante du dollar américain, la crise bancaire, la hausse du chômage) car l’économie américaine ne va pas bien et l’économie mondiale en pâtit. Cela dit l’Irak reste un sujet important et la position de Barack Obama n’est pas très claire. D’une part, 1) il insiste sur le fait qu’il n’a jamais soutenu la résolution qui a autorisé George Bush à y envoyer des troupes et, au cours des primaires, 2) il déclare qu’il souhaite leur retrait immédiat. D’autre part, avec l’une de ses conseillères, il a déclaré que : a) les USA ne devraient pas retirer immédiatement leurs troupes d’Irak ; b) qu’il suivrait in fine l’avis des Généraux ; c) si le chaos s’instaure en Irak après le retrait des troupes il y renverrait à des troupes, surtout si Al-Qaïda prend pied. (NB : McCain, lui a depuis fait remarquer qu’Al-Qaïda est déjà présent en Irak). Obama n’a donc pas de position claire sur ce sujet.
Q : Votre pronostic pour l’élection présidentielle ?
R : Je me refuse à donner un pronostic parce que l’élection n’a lieu que le 4 novembre prochain. D’ici là, des événements totalement imprévus pourraient se produire : une crise internationale, une aggravation de la récession économique, une nouvelle attaque terroriste d’Al-Qaïda, des scandales, qui pourraient affecter tel ou tel autre candidat… Des circonstances imprévisibles, qui pourraient changer complètement la situation. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je ne peux rien vous dire!
4b. Obama vu par … Michel Gurfinkiel et Daniel Pipes1
www.michelgurfinkiel.com Auteur de l’excellent « Le Roman d’Israël » (éd. Du Rocher)
Barack Obama sera donc le candidat démocrate aux présidentielles américaines de novembre, mais la vraie campagne, face au républicain McCain, ne fait que commencer. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle ne se déroulera pas de la même façon que les primaires. Jusqu'ici, Obama devait convaincre son propre camp. Désormais, il devra s'adresser également au camp adverse, ainsi qu'aux 10 % d'électeurs centristes qui oscillent sans cesse entre les deux grands courants politiques. Dans le premier cas, il dominait le terrain : son profil métissé, sa jeunesse, son irénisme, correspondaient parfaitement aux idéologies et aux mythologies en vogue chez les démocrates. Dans le second cas, il devra se battre à découvert : ce qu'il est, ce qu'il représente, ne peuvent susciter a priori que rejet, ou indifférence.
Le site Real Clear Politics, qui analyse l'opinion américaine, reflète bien cette situation. Il lui attribue 46,9 % des intentions de vote, contre 44,4 % à McCain. Etant donné que les médias ont largement privilégié Obama, cela signifie, qu'il n'y a pas de raz de marée démocrate, mais au plus un match nul susceptible de tourner à un avantage républicain si McCain mène bien sa campagne. La preuve par neuf, c'est évidemment l'attitude qu'Obama vient d'adopter à la conférence annuelle de l'Aipac, le « lobby pro-israélien ». Il y a multiplié les déclarations de soutien à Israël, y compris sur la question de Jérusalem. Les journalistes français présents n'en revenaient pas. Les journalistes arabes s'indignaient. On peut les comprendre.
D'origine musulmane, élevé en musulman1, Obama professe en théorie le christianisme. Mais il a adhéré pendant vingt ans, jusqu'à ces derniers jours, à une Eglise noire dont l'enseignement, théologie mise à part, rejoint étrangement celui de l'islam radical. L'homme qui a été son maître spirituel pendant cette longue période et qui a célébré son mariage, le Révérend Wright, affirme notamment que l'Amérique blanche, c'est Satan, qu'Israël ne vaut pas mieux, et que les attentats du 11 novembre constituent dans une large mesure une punition divine. Avant d'être élu sénateur, Obama a participé à diverses réunions propalestiniennes. En 2003, il prenait position contre une guerre en Irak, à un moment où la classe politique soutenait quasi-unanimement cette opération. Tous ses conseillers stratégiques, dans la première phase de sa campagne, étaient nettement anti-israéliens.
Obama est pourtant passé outre, parce que
Les Juifs américains sont un électorat clé dans la bataille. Démocrates par tradition à près de 80 %, habitués à participer à tous les scrutins et à contribuer financièrement à de nombreuses causes, mais plutôt clintonistes, ils peuvent, en se mobilisant, assurer sa victoire. Ils peuvent aussi, en refusant de se mobiliser, ou en se ralliant à McCain, ne fût-ce que partiellement, provoquer sa défaite. © Michel Gurfinkiel, 2008
Michel Gurfinkiel préside l’Institut Jean-Jacques Rousseau et l’AJECLAP (anciens élèves juifs des Grandes Ecoles) dont la tâche est de permettre aux étudiants pratiquants de poursuivre leurs études. assoajeclap@club.fr
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1 Obama est d’origine musulmane malgré ses dénégations, selon le grand politologue US, Daniel Pipes :
- Preuve par le père : Barack Hussein (1936–1982), musulman, a nommé son fils Barack Hussein Obama, jr. Dans l’Islam, la religion est transmise par le père et seuls des enfants musulmans sont appelés «Hussein».
- Preuve par le beau-père : Lolo Soetoro, était Musulman, comme sa demi-sœur l’a expliqué au NY Times.
- Preuve par son école catholique. L’Associated Press, relate que «des documents montrent qu’il y était inscrit en tant que Musulman» pendant ses trois premières années de scolarité. Le Chicago Tribune, confirme qu’il y était «désigné comme musulman sur le formulaire d’admission ».
- Preuve par son école publique. Le L A Times, a appris d’Indonésiens proches d’Obama à l’époque où il vivait à Jakarta qu’il «était inscrit comme Musulman par sa famille dans les deux écoles qu’il a fréquentées» et le Toronto Star que «trois de ses enseignants dirent qu’il était inscrit comme musulman».
- Preuve par sa classe coranique. Dans son autobiographie, Obama raconte qu’il a eu des problèmes pendant des cours coraniques, or, les élèves indonésiens suivaient des cours d’éducation religieuse. Il «s’est souvenu des premiers versets de l’appel islamique à la prière et les a récités avec un excellent accent».
- Preuve par sa présence à la mosquée. La demi-sœur d’Obama se rappelle que la famille allait à la mosquée «pour les grands événements de la communauté». Le L A Times et le Chicago Tribune confirment qu’il «était Musulman, allait à la mosquée, portait un sarong [vêtement musulman].»
- Pipes conclut :
«S’il est né et a été élevé en tant que Musulman et qu’il le cache, cela constitue une grave duplicité, une dissimulation fondamentale, qui en dit long sur son caractère et sur la pertinence de sa candidature »
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5. L’Alya : vos témoignages vécus
Adapté par yerouchalmi@club.fr de Actualités Infos.
« Nous avons voulu rendre plus accessible, des témoignages sincères, de personnes ayant fait leur Alya et vivant en Israël. C'est ainsi que nous avons envoyé des « Messagers » témoigner au sein même de leurs communautés d’origine», déclare notre ami Avi Zana, directeur d'AMI (Alya et Meilleure Intégration, fondée par P. Besnainou, à l'image de Nefesh B' Nefesh créée pour l'Alya US http://www.ami-israel.org/
« C'est la première fois que l'idée d'un témoignage direct, simple et personnel de familles ayant émigré en Israël, va voir le jour. Qui donc est mieux placé pour faire part à leurs proches amis restés en France que les familles elles mêmes lorsqu’elles les retrouvent, des difficultés, des joies, ou sd’une expérience quotidienne d'un tel défi,? Nulle volonté de propagande, terme incompatible avec le choix de l'Alya ».
- Boaz et Noémie sont israéliens depuis trois ans, montés avec un programme d'Alya de Groupe de Chalom Wach, dans le Yichouv d'Ofra, au nord de Jérusalem. De retour de leur si chère communauté d'origine, de Limeil Brevannes, ils ont pu déclarer : «Une grande joie de retrouver autant d'amis, c'est certain ! Beaucoup de questions posées également de leur part : comment se passe la question de la sécurité, de l'éducation ou du travail, par exemple. Et nous nous sommes efforcés de répondre le plus sincèrement possible : oui c'est vrai, ces questions sont importantes, de vraies difficultés sont sur la route de chacun des olim mais si vous saviez le bonheur et l'épanouissement de revenir en Israël!».
- Chalom et Dina étaient, retournés dans leur communauté du 19ème: «Une impression étrange nous a accompagnés pendant ce Chabbat, surtout celle d'un contexte extérieur si différent de celui de chaque Chabbat à Jérusalem où nous vivons car l'atmosphère de ce jour y est palpable dans la rue, même si des voitures y roulent. A Paris, nous avons l'impression que la ‘Kedoucha’ est circonscrite à
- A Boulogne Billancourt, en ce Chabbat Behar, j'étais moi aussi « messager » de mon expérience israélienne : « Veux-tu parler après le Rabbin, devant tout le monde ? », me demande le Président de
« Ce n'est pas un hasard si
Fier de mon allégorie, que je considère être des plus parlantes, je m'employais à raconter, tout simplement : les « galères, les surprises, bonnes ou mauvaises, les joies ou les émotions ». « Mais dans la balance ; au bout du compte, que retiens-tu de ton expérience ? », me demandait Elie, dans la question piège de ce Chabbat. A ce piège, la réponse me semblait couler de source, comme les eaux claires et vives du Golan : « Je retiens une seule chose, essentielle : je suis chez moi là bas, et cette sensation vaut toutes les richesses du monde », répondais je le plus simplement et le plus sincèrement du monde. « Et si c'était à refaire, que changerais tu ? », me lancait, Yohann, un des grands sceptiques de mes amis, devant moi et devant l'Eternel. « Difficile de te répondre, mais une chose est sûre : je serais venu plus tôt en Israël, tant pour moi que pour ma femme et mes enfants. Vraiment ! »,
Cette impression d'une prise de conscience poussant à l'Alya fut l'un des leitmotivs de toutes les familles choisies pour être déléguées : « Il y a un moment, très intime et tellement subjectif, où l'on réalise qu'on doit le faire, on sait que l'avenir pour nous c'est en Israël qu'il nous attend », déclare Moshé, envoyé lui aussi dans sa communauté parisienne : « C'est en même temps très délicat car ce déclic est si personnel pour chacun ! Tellement variable et tellement relatif ! ».
Alors, c'est quoi être messager ? Les messagers répondront peu ou prou : « c'est raconter et confier à des proches, un rêve fou ou salutaire, que l'on a décidé, un jour, de réaliser. Le reste, Dieu seul le sait».
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